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Date de création : 22.05.2012
Dernière mise à jour : 27.10.2013
32articles


L'automutilation, pourquoi ?

Publié le 22/05/2012 à 20:45 par auto-mutilation Tags : scarification coupures addiction depression endorphine automutilation
L'automutilation, pourquoi ?

 

La souffrance morale, c'est comme une idée que l'on pose sur papier. On l'a en tête, et plus on attend, plus elle nous envahit. Sa présence nous ronge à nous rendre fou. Le seul moyen de se libérer l'esprit, c'est de la concrétiser. Alors on l'inscrit. Non pas avec un crayon sur du papier, mais avec une lame sur la peau.

 

Tout d'abord, j'aimerais vous prévenir que j'écris ce blog, alors que je suis dans ma 7e année de mutilation. c'est donc en toute connaissance de cause que j'écris. La scarification est une véritable addiction, je fais tout pour m'en débarasser. Toutes les photos et témoignages sont de moi, sauf si précision contraire.

L'automutilation est très répandue chez les adolescents, mais elle existe aussi chez les enfants, et chez les adultes.

Elle est pratiquée de différentes manières à différents degrés.


Chez moi, ça a commencé avec des griffures très superficielles, à l'aide d'objets à peu près pointus. J'ai ensuite pris le compas, et appuyé de plus en plus fort, sans aller jusqu'au sang. Je ne le faisais pas régulièrement, et pas énormément, juste quelques traces rouges, rien de plus. Simplement quand ça va mal, en rentrant du collège après une journée difficile, ou le soir, après une engueulade avec maman. C'était une manière de me soulager. Avoir mal physiquement effaçait la douleur morale. Ça a duré comme ça jusqu'en 2nde.

Arrivée en première, je suis entrée en dépression, mais ni moi, ni ma mère n'avons pris rendez vous chez le psy. J'ai donc continué à m'enfoncer, seule. J'ai touché à la drogue, j'ai arrêté au bout de quelques mois. C'est là que ça a vraiment commencé. C'est là que j'ai pris ma première lame. C'est là que j'ai tracé mes premières lignes de sang. c'est là que j'y ai pris goût.


Ça a commencé avec quelques traits, 5 ou 6, pas plus, histoire de saigner un peu, et d'avoir les plaies sur la peau, symbolisant les plaies dans ma tête.

J'ai commencé à tracer de plus en plus de lignes. Ça correspondait à un besoin de me vider, me vider de ce mal. De cette douleur.

Dans la même optique, je vomissais aussi. Puis ça a encore évolué, j'y suis devenue accro, et je me coupais comme un fumeur fumerait une clope. La douleur physique était un réel soulagement, un besoin.


En fait, pour que vous compreniez mieux ce "besoin", on pourait le comparer à une idée. Oui, vous savez, le soir, quand vous avez une phrase, un texte, un message en tête, et qu'il faut absolument que vous l'écriviez, car il vous ronge de trop à en devenir insupportable, vraiment insupportable. Vous avez besoin de l'écrire, besoin de le poser sur papier. Besoin de le concrétiser, de le passer de l'abstrait au concret. Et bien l'automutilation, c'est la même chose. Vous avez cette douleur à l'intérieur de vous, elle vous ronge, elle vous ronge tellement fort, qu'il faut la faire sortir, "l'écrire", la rendre visible, l'extérioriser. Alors vous prenez votre lame, votre briquet, n'importe quoi, et vous faites. Vous "dessinez", vous "inscrivez" votre souffrance. la douleur morale devient ainsi douleur physique. Exactement comme les idées que l'on pose sur papier pour y voir plus clair. Et comme les idées, ça ne s'arrête pas. Vous avez soulagé votre esprit en traçant ces lignes, mais il suffit d'attendre pour que ça recommence. La douleur redevient intense, et vous avez à nouveau besoin de la faire ressortir. Un peu comme si votre corps était un sceau, la douleur de l'eau, et que ce sceau se remplissait continuellement. Vous le videz dès qu'il devient trop lourd, avant qu'il ne déborde, vous vous sentez léger quelques temps, et il se remplit à nouveau.

 

--> Blood Theme;Daniel Licht.

Une véritable addiction.

Publié le 22/05/2012 à 22:52 par auto-mutilation Tags : enfant automutilation scarification début adolescent
Une véritable addiction.

 

Merde, je ne tiens plus. Cette peau trop blanche, trop nette m'insupporte. Je crois que je deviens folle. Folle du sang. Qu'il coule, encore et toujours. Je reprend ma lame, je me libère. Je vois cette ligne se remplir du liquide rouge, c'est beau, fascinant. Je le sens, couler, le long de ma jambe dont il épouse amoureusement les courbes, cette sensation, si pure, si douce est devenue mon addiction.

 

Le début :


Comme je l'ai expliqué plus haut, tout a commencé lorsque je suis entrée en 6e.

Je m'égratignais, rien de plus, mais je m'infligeais des blessures, des douleurs.

Je suis ensuite passée aux coupures, peu nombreuses et peu profondes.

La mutilation à son début paraît donc très superficielle et inquiète peu de monde. Une simple crise d'ado, en somme. Alors on laisse passer, on se dit qu'en grandissant, on arrêtera, et puis tant que ça ne devient pas "important", la personne concernée ne se rend pas compte de ce dans quoi elle baigne. Elle ne sait pas qu'elle fait réellement du mal à son corps, même si seules trois seules égratignures sont à peu près visibles sur son corps. À ce stade là, personne ne se rend compte  d'à quel point c'est grave. Car c'est à ce moment précis que l'on ce rend compte que ça soulage, et qu'inconsciemment, on a intégré cette "méthode", en tant que méthode de soulagement pour tous les prochains gros coups de blues.

Si vous commencez à peine à vous mutiler, par pitié, arrêtez pendant qu'il en est encore temps ! Arrêtez pendant que c'est facile. Si vous ne vous sentez pas bien, ne faites jamais la première égratignure.

 

Et puis l'évolution.... :


Les plaies cutanées cicatrisent bien plus vite que les blessures morales... Alors on recommence. On recommence, et ça fait du BIEN. Eh oui, lors de la scarification, le cerveau, en réponse à la douleur, libère de l'endorphine, hormone du plaisir, cousine de la morphine entraînant sensation de "mieux-être", mais surtout dépendance.

(Les endorphines sont également sécrétées lors d'une activité physique intense, lors d'un rapport sexuel, etc ...) C'est aussi en ça que la scarification se transforme en addiction, et que plus on attend, plus il est difficile de s'en sortir. C'est une drogue dure ! Il est donc très important d'agir au plus vite ! Car comme toute addiction, plus ça va, pire c'est... Elle connaît donc une certaine évolution. De quelques égratignures, à des entailles profondes, atteignant parfois les veines, les blessures sont toutes très graves. Oui, même la plus petite égratignure est à prendre au sérieux. C'est peut-être le début d'un vice dangereux.Le plaisir de voir de et sentir le sang couler, la satisfaction qui devient proportionelle à la profondeur de l'entaille... C'est tout simplement horrible à vivre, et surtout dangereux. Très dangereux.

 

Aujourd'hui, il n'est pas une fois où je me coupe, sans me retrouver avec une flaque de sang à mes pieds. Le sang me fascine de plus en plus, ce qui, évidemment, ne m'aide pas...

 

--> Blood; My Chemical Romance.

Un appel à l'aide...

Publié le 22/05/2012 à 23:10 par auto-mutilation Tags : blog scarification aide etre appel mal
Un appel à l'aide...

 

Help ! Maman, regarde ce que fait ta fille ! Regarde ses bras, regarde ses jambes ! Mon dieu, mais elle va mal ! Elle ne le montre pas, elle le cache sous des vêtements, sous des sourires, sous des rires, sous un masque. Elle en a honte, mais elle aimerait qu'on le voit, elle aimerait que seul celui qui l'aidra, qui la comprendra, soit capable de lire à travers ces lignes. S'il te plais maman, sois cette personne. Tu m'as conçue, je me suis détruite, j'en suis désolée. Aide moi à me reconstruire, s'il te plait.

 

Différentes mutilations, toutes à prendre au sérieux :

 

La mutilation est propre à chacun.

Elle n'est pas uniquement sous forme de coupures, même si c'est le plus courant. Elle existe également sous forme de brûlures, de coups, de morsures, de griffures... Du moment que la douleur est là. Peu importe le mode opératoire, l'automutilation est un acte grave à prendre au sérieux. La consultation d'un psychologue, voire d'un psychiatre est nécessaire. Je pense que dans beaucoup de cas, on peut même considérer que le fait de se faire vomir est une automutilation, car c'est faire du mal à son corps pour exterioriser la souffrance interne.

 

Personnellement, je suis assez... Polyvalente. Je me coupe, je me brûle, je me frappe à l'aide d'objet divers et variés, je tape dans les murs jusqu'à ne plus sentir mon poing, je me fais vomir... Oui, à chaque fois que j'ai tenté d'échapper à une forme de mutilation, je suis tombée dans une autre, la précédente finissant toujours par me rattraper, ce qui fait que... j'accumule.

 

Dans beaucoup de cas, l'automutilation est surtout un appel à l'aide. Sachez les entendre, les écouter. Si quelqu'un de votre entourage porte non-stop des manches longues, s'il se renferme sur lui-même, s'il sort moins souvent, s'il refuse le dialogue, s'il montre d'autres signes auquels je n'ai pas pensé, sentez-vous alarmés, et montrez-vous présents, et prêts à l'aider, ou parlez en à quelqu'un qui pourra l'aider ! Et par pitié, arrêtez de croire les "Ah, c'est con... Te fous pas de ma gueule hein, mais j'suis tombé dans les ronces." ou autres "C'est mon chat qui m'a griffé, c'est un sauvage." La personne qui ment n'a tout simplement pas le courage de crier "HELP", mais elle a vraiment besoin d'aide.


Comme je l'ai déjà dit, l'automutilation est très souvent associée à un profond mal-être, voire une dépression, ou des troubles psychologiques tels que le trouble borderline. C'est un signe de souffrance, qui peut dans certains cas être interprété comme une punition que lon s'inflige, un besoin d'exterioriser la souffrance intérieure, pour qu'elle soit marquée, pour qu'elle soit là, qu'on puisse la toucher, la voir. Il faut savoir se prendre en charge avant que ça ne devienne trop grave, car dès le début, la personne a déjà trop souffert.

 

--> Help; The Beatles

Retrouver la rage de vivre.

Publié le 02/06/2012 à 22:39 par auto-mutilation Tags : cancer mort vivre rage
Retrouver la rage de vivre.

 

Alors comme ça tu vas mourir ? C'est sûr maintenant ? Tu vas partir bientôt ? Demain ? La semaine prochaine ? Le mois prochain ? Et moi, je fais quoi ? Je vis ? Je vis parce que la vie le veut, c'est ça ? Je vis parce que la mort ne m'a pas encore appelée ? Alors je n'ai pas le droit de te suivre, hein. Toi, tu aurais voulu vivre, tu vas mourir, moi, j'aurais voulu mourir, je vais vivre. Merde, mais la vie ne connait pas la justice. La vie est une roulette russe, et toi, t'es mal tombée. Alors pour toi, je vais continuer, et vivre la vie à laquelle tu n'a pas eu le droit, pour pouvoir te raconter comme c'est beau la vie. Te faire rêver, comme avant. Au delà de la mort.

 

Aujourd'hui même, j'ai pris une belle leçon de vie dans la gueule. Je tenais à la partager avec vous qui vous battez.

 

Je ne vais pas vous raconter ma vie, mais je vais évoquer juste deux épisodes.

Quand j'étais jeune, j'ai perdu mon père, à 4 ans d'un cancer. Ça a été très difficile, mais j'ai fait le deuil très rapidement, même si la cicatrice est de plus en plus douloureuse.

Deuxième épisode, lorsque j'avais 9 ans, j'ai eu un cancer. Le traitement a été tiré au sort, et contrairement à la plus part des autres enfants que j'ai connu à l'hôpital, je m'en suis sortie.

Ces deux épisodes de ma vie, je les ai vite enterrés pour passer à autre chose.

 

Seulement voilà. Depuis quelques temps, sur un forum, je discutais avec une fille que je trouvais très sympa, qui se mutilait aussi. Beaucoup plus gravement que moi. Elle souffrait plus que moi. Elle n'a jamais réellement vécu, ça a toujours été extrêmement difficile, mais elle se battait. Et puis est arrive le moment où, épuisée, elle ne voulait même plus s'en sortir, elle voulait la mort. Autre point commun avec moi, elle aussi a eu un cancer.

 

Mais aujourd'hui, elle a appris qu'en réalité, contrairement à ce qu'on lui a dit, elle n'a jamais guéri. Il lui reste quelques mois, et elle mourra dans d'atroces souffrances.

Dorénavant, elle veut vivre, mais c'est trop tard. Elle pourra se battre tant qu'elle le voudra, elle ne vivra pas. Elle voulait mourir, mais elle n'y arrivait pas. Maintenant, elle va mourir, c'est sûr, mais elle n'aura pas eu le temps de vivre. Elle aurait tellement voulu vivre avant de partir, elle aurait mérité une vie extraordinairement belle. Je me suis vraiment attachée à elle, c'est une fille extraordinaire, qui m'a posé une question à laquelle je n'arrive pas à répondre : "C'est quoi le plus triste, vivre, ou mourir ?"

 

Mais nous, oui, nous qui nous mutilons, qui nous détruisons, qui jouons avec la mort, on peut encore se battre ! La mort arrive bien trop vite, on n'a pas le droit de jouer avec ! Elle ne peut plus rien, nous, nous pouvons encore ! Alors battons nous ! Pour elle, et tous les autres que la mort vient chercher trop tôt !

 

J'avais besoin de cet électrochoc pour réaliser la connerie que je faisais à gâcher ma vie d'une telle façon. C'est triste d'avoir besoin de la mort d'une personne pour commencer à vivre. J'ai pleuré toutes les larmes, comme j'avais arrêté de le faire depuis des années... Cette histoire m'a refilé une de ces rages de vivre ! Sur un coup de tête, j'ai pris toutes mes lames, et je les ai jetées. J'ai nettoyé les tâches de sang sur le sol de ma chambre, que je conservais avec soin. Je n'ai plus envie de ça. Je veux vivre, profiter, parce que je n'ai pas le droit de continuer à me gâcher. Je veux vivre pour elle. Je me battrai, c'est décidé, oui, je me batterai, je donnerai tout. tout ce que j'ai, toutes mes forces. Je vivrai, pour, elle, pour les autres, pour moi.

 

Bon, je dois vous avouer que j'ai jeté mes lames, certes, mais il m'a fallu moins de 24 heures pour en trouver d'autres. Cependant, je me force d'avantage à résister, j'ai d'avantage de motivation, même si cette rage n'est évidemment pas suffisante pour me faire tout arrêter.


 

 

 

EDIT : Dilean nous a quitté le 21/06/12 dans l'après midi. Le jour de la fête de la musique. Le jour de l'été. Le temps lui même était triste, gris, morose. Le ciel pleurait son départ. Enormément de concerts ont été annulés. La musique elle-même s'est tue pour laisser place au silence.

Je m'en souviendrai de ce 21 juin, je m'en souviendrai.

 

Ma belle, tu vas nous manquer.


-->Twisted MindShaka Ponk

Le sport, une aide pour s'en sortir.

Publié le 11/06/2012 à 17:08 par auto-mutilation Tags : depression automutilation scarification sérotine sport
Le sport, une aide pour s'en sortir.

 

Quoi de mieux que de courir la nuit, seule, entre le trottoir et le vide, perchée au sommet de cet étroit muret, contemplant la mer, noire, en colère, brisant ses vagues de métal sur les rochers saillants quelques mètres plus bas ? Résister à l'envie de sauter, courir, toujours et encore, jusqu'à ce que le souffle me manque. Courir toujours plus loin, toujours plus vite, toujours plus longtemps.

 

Eh beh... Si je l'avais su plus tôt... Le sport, ça aide.

 

Oui, du jour au lendemain, je me suis mise au footing. Du jour au lendemain, j'ai réduit les mutilations, jusqu'à même arrêter sur des périodes plus ou moins longues ! Bon, quand je dis "du jour au lendemain", c'est une peu exagéré, mais les effets se sont fait sentir très rapidement.

 

Je me suis mise à courir environ 30 minutes à 1 heure par jour. Oui, tous les jours, c'est peut-être beaucoup, mais je crois que j'en avais besoin.

 

Du coup, j'ai fouillé un peu sur le net, histoire de comprendre en quoi le sport pouvait être si efficace... et voici ce que j'ai trouvé.

Bon, tout d'abord, il est bon de savoir que chez les dépressifs, la quantité de certains neurotransmetteurs tels la sérotine ou la noradrénaline est anormalement bas. Il se trouve que le sport permettrait d'en augmenter la quantité, notemment la sérotine. En gros, le sport comblerait le déficit en sérotine qui fait de nous, des pauvres petits êtres dépressifs. C'est pas beau tout ça ?

 

Autre bienfait du sport, c'est la libération d'endorphines au cours de l'effort phyique. Oui, vous avez bien reconnu, ce sont ces hormones dont j'ai déjà parlé, celles qui sont libérées lors de la mutilation, et qui nous y rendent accros ! le sport serait donc un palliatif à la scarification !

 

Et encore, s'il n'y avait que ça... Mais non ! Le sport provoque un relâchement musculaire favorisant la détente, et donc l'endormissement. Il augmente également la température corporelle, ce qui pourrait avoir un effet apaisant...

 

Non, vous n'avez plus aucune excuse pour ne pas revêtir l'inconditionnel survet'.

 

--> Killing in the Name; Rage Against the Machine. (parce que c'est la chanson que j'écoute le plus quand je cours, le rythme est exactement le même que celui de mes foulées, et puis, j'adore.)

La course aux kilos perdus...

Publié le 12/06/2012 à 15:46 par auto-mutilation Tags : se anorexie faire vomir

Mais qu'est ce que j'ai fait... Mon estomac est vide, je tremble, je n'ai plus de force. Peu à peu, mes côtes se montrent, discrètement. Mes cuissent s'éloignent. La balance s'affole, elle ne me reconnait plus. je ne me reconnaîs plus. Tout va trop vite, tout s'enchaîne, je n'ai pas le temps de comprendre ce qui m'arrive. Je fonce droit dans le mur, mais je ne sais comment m'arrêter. J'ai peur...

 

Je ne peux pas vous parler d'anorexie. Ni même de TCA, je suis bien trop perdue pour ça.


Cependant, J'ai quelques... "problèmes" avec la nourriture. Je n'accepte plus que le minumum vital... Je me fais vomir une à 4 fois par jour en moyenne, ça peut-être plus, en fonction de ce que j'ai mangé. J'ai entièrement conscience des risques, le gonflement du visage, le déchaussement des dents, la perte des cheveux, une mauvaise haleine, les vaisseaux autour des yeux qui claquent, le teint cadavrédique, et d'autres trucs... Il m'est même arrivé de vomir une belle quantité de sang, à force d'irritation...

 

Cette course aux kilos perdus, c'est tout simplement horrible. On y rentre, mais on n'en sort... que très difficilement, je ne sais pas encore comment. C'est à sens unique, on perd, on perd, on perd. On ne mange plus, on vomit.

 

Il se trouve qu'à l'heure actuelle, je ne supporte plus le moindre aliment dans mon estomac. À chaque gramme avalé, je culpabilise comme si j'avais commis un crime horrible, et je finis toujours pas me faire vomir... j'ai encore perdu trois kilos cette semaine. 
Quand je me regarde dans le miroir, je me dégoûte. Je vois cette jeune fille, maigre, les côtes devenant saillantes, lentement mais sûrement. Ça y est, mon IMC est passé sous la fameuse barre des 18,5. Et la descente aux enfers continue....

 

J'aimerais tellement redevenir comme avant... Mince, ni maigre, ni grosse, mince !
Seulement, dans ma tête, ça ne se passe pas tout à fait comme ça. La prise du moindre gramme n'est même pas imaginable. Il faut perdre, perdre, perdre. J'aimerais au moins stagner avant de ne devenir trop maigre, seulement, c'est trop risqué... Et si je prenais un peu en voulant stagner ? Non... je perd continuellement, je deviens faible, je deviens peu à peu squelettique.

 

C'est une longue descente, et au bout, il n'y a rien d'autre que la mort. Je fais tout ce que je peux pour m'arrêter avant, mais tout ce que je peux, ce n'est pas grand chose. Ce n'est surtout pas assez.

 

--> U Turn (Lili); AaRON.

Le suicide.

Publié le 14/06/2012 à 17:01 par auto-mutilation Tags : suicide

"C'est quoi cette marque sur ton poignet ? Elle a tenté de se suicider ! Elle se scarifiiiiiiiie !" "Haha ouais, genre moi j'suis suicidaire ! Genre moi j'me scarifie.... Drôle ! Youhou, j'vais me suicider, ouais ouais, HAHA, dis, tu viens te pendre avec moi ?"

 

Ah, l'humour, entre amis, c'est important. C'est très important même. Quoi de mieux pour cacher la plus profonde des souffrances ? Quoi de mieux qu'un rire pour cacher un cri de douleur ? Quoi de mieux qu'un sourire pour cacher une larme ? Quoi de mieux qu'une jolie bande d'amis pour cacher ce si fort sentiment de solitude ? Un masque, je porte un masque. Pour éviter les questions, les mains tendues, pour éviter qu'on me sauve.

J'ai compté. Depuis le début du collège, j'ai rédigé une bonne quinzaine de lettres d'adieu. Toutes conservées, au cas où. Certaines écrites au crayon rose pailletté reçu pour mon anniversaire des 10 ans, les plus récentes, en lettres de sang. L'évolution quoi...

Dans chacune d'entre elle, on peut lire la même douleur, perçue différement, certes, mais la même douleur. C'est fou ce qu'un enfant peu souffrir. Souffrir à en avoir besoin de mourrir. Quand échapper à la vie, devient échapper à la souffrance. Quand partir devient nécessaire. Quand la douleur va au delà de la mort.

 

Alors j'ai essayé. Une fois, deux fois, trois fois.Pour l'instant. Deux fois j'ai cherché le coma "pour ne pas aller au lycée" Ridicule, mais que voulez vous, quand on ne contrôle rien...

Jusqu'où j'irai ? Jusqu'où on me fera aller ? Je ne sais pas. Je ne sais plus.

 

J'ai effectué des tas de recherches sur le net, pour savoir comment ne pas me rater, j'ai tout calculé, la méthode idéale, ça m'a pris des heures et des heures. J'ai fait une liste de méthodes, de la plus efficace à la moins sûre. J'ai aussi, au cas où, constitué une réserve de médicaments, pour pouvoir faire le cocktail parfait, car ça, je l'aurai toujours sous la main, quelque soit la situation. Des traitements que j'ai volontairement arrêté de prendre, tout en continuant de me les faire prescrire, afin d'accumuler les boîtes de médicaments.

Je me retiens le plus possible, mais ce n'est pas facile.

 

Tout ce que je fais, je le fais comme si j'allais mourir bientôt. Je ne peux pas concevoir un autre avenir que la mort. Je ne peux pas concevoir un avenir. Je ne sors plus, ne travaille plus, puisque dans mon esprit, je n'aurai pas le temps de rentrer dans la vie active. Je n'entame aucune relation d'amitié sérieuse, je ne m'implique dans aucun projet, bref, je fais vraiment tout comme si je pouvais partir d'un moment à l'autre. D'ailleurs, je peux partir d'un moment à l'autre, qui sait combien de temps je tiendrai...

 

Le suicide n'est jamais une solution. Je suis peut-être suicidaire, mon comportement est peut-être dangereux, mais je n'ai jamais voulu mourir. Je veux vivre. Je ne veux pas vivre heureuse, je n'en demande pas autant, mais simplement ne plus avoir mal. J'ai seulement parfois été trop faible pour vivre, ça arrive... À présent, je fais (presque)tout pour m'en sortir, je me bats, mais rien n'est jamais gagné...

 

Et puis parce que je suis matheuse, parce que je prend spécialité maths l'année prochaine, je vais vous sortir quelques chiffres. (--> source Doctissimo) :

 

 

_Le suicide représente plus de 12 000 décès par an, il compte donc plus de morts que les accidents de la route.

_Il y a, par an, 160 000 tentatives de suicide !

_Dans le monde, une personne tente de se suicider toutes les 3 secondes.

_Dans le monde, une personne se suicide toutes les 40 secondes.

_Chez les jeunes, on compte 1 suicide pour 160 tentatives.

_Chez les séniors, on compte 1 suicide pour 2 tentatives !

_Chez les adolescents, le suicide est la seconde cause de mortalité.

_30% à 50% des jeunes qui ont tenté de se suicider récidivent.

_En france,35 % des français ont vécu la mort par suicide d'un proche.

 

C'est TROP !

 

--> A tout le Monde; Megadeth.

Pitié, qu'on m'enferme.

Publié le 14/06/2012 à 23:30 par auto-mutilation Tags : peur angoisse folie

"Mais qu'est-ce que tu fais avec ça ? Mais t'es pas bien, c'est dangereux !" "Bah, tu vois, c'est simple. y'a 27 comprimés de ça, 15 de ça, et 6 de ça. Je vais tout avaler.  Je les ai soigneusement sélectionnés après de nombreuses recherches, juste assez pour un coma. Comme ça, demain matin, je serai un peu malade, et j'aurai une raison valable de rester au lit." "Mais ma fille, tu n'as pas besoin de te rendre malade, tu ES malade !"

 

Eh oui... Il y a des périodes comme ça, où l'on n'est plus soi-même. On est capable de commettre des actes plus dangereux les uns que les autres, comme s'ils étaient des plus normaux. Dans ces moments là, on avalerait un cocktail de médicaments, comme on mangerait un yahourt. On se taillerait les veines, comme on se gratterait le crâne. On sauterait d'un pont comme on descendrait d'un trottoir. Parce que dans ces moments là, on n'est plus soi-même. On ne contrôle rien. le regard devient sombre, la voix trop douce pour être naturelle, le sourire viscieux. Un zombie, on devient un zombie. Dangeureux, très dangereux...

 

Et puis ça dégénère, ça part en live. On se retrouve dans un délire total, embarqué dans un voyage étrange. Le décor tourne à toute vitesse, tout va très vite, on ne distingue plus rien, on est dans un monde paralèlle, très dangereux. C'est effrayant. Alors on se met en boule, comme dans une position de protection, comme dans une carapace, et l'on attend. Tous les muscles sont contractés au maximum, les dents sont serrées. On a peur, on se sent en danger, en danger de mort, comme au centre d'une armée barbare, des hommes étranges, barges, tout autour de nous, qui crient, et crient, fort, fort, très fort. On a l'impression qu'ils veulent nous tuer, mais on le les voit pas, on ne voit rien, tout tourne si vite. On ressent seulement. On ressent ces présences, tout en sachant parfaitement que l'on est seul (ou pas d'ailleurs), chez soi, allongé sur son lit, à avoir peur, pour rien, mais on a peur.

 

Voilà ce que je vis, de plus en plus souvent. Ce qui me terrorise. je n'en peux plus, je me vois devenir folle à lier. Qu'on m'enferme, pitié, qu'on m'attache, qu'on me gave de médocs, qu'on me lave le cerveau. Je n'en peux plus, je ne le supporte plus.

 

 

Edit du 24/06/12, ou quand une crise de panique se transforme en dangereuse crise de violence...


Hier, enconre une fois, J'aurais eu besoin d'être enfermée.

Et oui, encore une crise. Une simple crise de panique qui dérape à cause d'un "tu vas bien ?"

Un coup de flip, des phrases étranges qui s'enchaînaient. les pensées qui se superposaient, qui défilaient à une vitesse folle, plus rien n'était contrôlé, voulu. J'étais en pleine conversation sur internet, j'ai donc tout écrit, évidemment. Haha, du coup, c'est chouette, j'ai quelques extraits pour illustrer \o/.

Bref, resituons le contexte. Hier soir. Je commence à flipper, le sentiment que tout le monde qui m'entoure devient irréel, l'impression d'être dans un flim m'envahissent, et mon regard se fixe.

Je parle, je parle de tout, de n'importe quoi, je fais des liens... étranges, je cite :


_"putain je débloque

et dire que j'voulais des fraises

lol

j'étais mignonnne

remarque

ça reste dans le rouge

rien n'a changé

le sang, c'est comme des fraises pourries

elles ont pourri les fraises

elles sont mortes

toutes

du sang

c'est devenu du putain de sang

og god, j'ai soif

soif de sang

de pouriture

de mort

du sang noir

oh oui

noir

noir

oir

oir

noir

noir

noir"

 

Je me répétais, tout ce que je disais, je le disais en double, en triple, voire des dizaine de fois !

Ce que j'ai dû répéter le plus, c'est le fameux "je sais pas." Encore une fois, je cite :


"Je sais pas

putain

c'est quoi ça

pourquoi

pourquoi quoi ?

j'en sais rien

utain vite

qu'on me saigne

qu'on me vide

que je devienne blache

sèche

oh oui

putain je sais pas

je sas pas

je sais psa !

e sais pas quoi ?

je sais pas

je sai plus !

je veux m'enfermer

me vider

me noyer dans une piscine de sang

j'suis un robot

un putain de robot

putain j'sais plus écrire

t'as vu ça ?

j'sais meme plus lire

'sais plus penser

c'est quoi penser au juste ?

est-ce que j'aid éjà pensé ?"


Vous me direz, tant que je reste assise sur ma chaise face à l'écran, aucun risque...


C'était sans compter sur le repas, et ma mère qui a ressenti la présence de la crise à travers mon comportement très étrange, et a éprouvé le besoin de me rassurer... La pire chose à faire !


J'ai eu un excès de violence, je n'ai rien contrôlé, tout d'abord, je me suis goinfrée pour essayé de passer ça, mais ma mère m'a fait remarquer l'impolitesse dont je faisais part... J'ai donc renversé la table, sans même avoir eu le temps de comprendre ce qui se passait. Je suis ensuite montée me calmer dans ma chambre.Chaque bruit, chaque mouvement, chaque geste, chaque regard provenant de ma mère me mettait hors de moi.Lorsque j'ai entendu les craquements des escaliers sous les pas de ma mère, ma colère s'est emballée. Je me suis postée en haut de l'escalier, tel un chien de garde enragé, les yeux me brûlaient, c'était horrible. J'étais accrohée d'une main à la rampe, l'autre appuant sur le mur de toute ma force. ma mère était sur la première marche, tout en bas. J'avais une seule image en tête, son crâne explosé contre le mur, du sang partout. Je ne voulais pas, je voulais me retenir. Alors je lui ai crié de ne pas monter, elle est restée en bas. De peur de déraper, je suis donc alléem'enfermer dans la plus petite pièce qui soit (toilettes). J'étais debout, la tête contre la porte, le poing posé à côté, la respiration extrêmement forte, une rage au ventre...


Je l'ai entendue réessayer de monter... Alors j'ai crié, je l'ai insultée, je lui ai dit que la seule chose que j'attendais était qu'elle arrive en haut de l'excalier, pour que je puisse la pousser en bas, et qu'elle se fracasse contre le sol. C'était plus fort que moi. J'avais envie de sang, partout. Je voulais des avalanches de sang.


Elle est repartie, de peur que ça ne dégénère, je me suis écroulée, et j'ai vomi. Une fois calmée, j'ai avalé des anxyolitiques sans les compter... (à ne pas faire...) de peur que ça ne recommence. J'étais terrifée du monstre que j'étais devenue en l'espace d'un instant. J'étais Jack dans The Shining. Non, je ne répétais pas "all work and no play makes jack a dull boy"mais"J'ai failli tuer ma mère, bordel, qu'on m'enferme." J'en ai écrit tout une page.

Vous avez sûrement remarqué, si vous avez vu ce film, d'autres épisodes s'u rapportant. La scène où je me suis enfermée rappelle celle où Jack est enfermé dans la salle où est entreposée la nourriture, les avalanches de sang que j'avais tellement envie de voir, c'était presque un besoin, font penser à celles que l'on voit débarquer des couloirs de part et d'autre de l'ascenceur. Quelque chose me fait penser que je suis tout aussi torturée que Stanley Kubrick. Ce comportement, ou du moins ce sentiment de violence, voire de folie ne m'est donc pas réservé, super. \o/



--> Take me to the Hospital; the Prodigy

Dépression, quand tu nous tiens...

Publié le 16/06/2012 à 21:09 par auto-mutilation Tags : maladie vide depression

"Bon, tu viens ?" "..." "Si tu ne te bouges pas on va être en retard, je ne vais pas être obligée de venir te chercher quand même !" "..." "Ok, j'ai compris, il faut que je te prendre par la main..." "..." "Mais qu'est-ce que tu fous là assise par-terre ?!?" "..." "Mais dis moi au moins pourquoi tu pleures !" "Je ne sais pas, c'est comme ça, j'ai plus la force de me lever, j'ai plus la force de retenir mes larmes, je suis désolée..."

 

Au début, c'est comme ça. On est vide, vide, vide. Un trou noir qui nous ronge l'estomac, on noeud dans la gorge. On est triste, triste, triste. Ah, si seulement on savait pourquoi... Alors on n'a plus la force. Plus la force de sortir, de travailler, parfois même de manger. on pleure, beaucoup, souvent, comme ça, sans raison valable. On pleure, c'est tout. Tout s'effondre, les projets, la vie, on n'y croit plus, on ne cherche plus à y croire. On ne dort plus, ou au contraire, on dort trop. On a trop faim, on n'a pas faim. On maigrit, ou on grossit. Parfois, on se fait du mal, on se mutile. On se coupe du monde, on se laisse couler. On continue à sourire, pour ne pas inquiéter les autres, car dans notre esprit, on ne mérite pas d'attention, on mérite d'être abandonné. Qu'on nous laisse nous retirer.

Ce moment où notre tristesse se lit sur notre visage.

Une fois, je suis restée là, en sortant de mon bain, à regarder ma tronche dans la glace. L'air vieille, le maquillage coulé, les cheuveux mouillés, les cernes noires, les vaisseaux claqués. Le bras pendant le long de mon corps, au bout duquel, le sèche-cheveux allumé me cramait la cuisse. je suis restée là, une bonne demi-heure, sans bouger, à lire cette tristesse sur mon visage, à lire ce désespoir dans mes yeux translucides. Puis je me suis laissée glisser, le long du mur, et je suis restée assise, par-terre, un minimum de deux heures et demie. Ce n'était que le début. Le début d'une longue descente.


À ce moment précis, on va mal ? Oh, non, comparé à ce qui nous attend... Ce n'est rien. Enfin, je parle à la vue de ma propre expérience, je suppose que c'est différent selon les sujets.

 

Bref, j'en étais où... Ah oui, la suite. Le moment où ça dégénère, le moment où on devient dur, solide, mais pas face à la douleur. Le moment où on se forge une carapace à laquelle on fini par croire. Le moment où l'on arrête de pleurer. le moment où il nous arrive même de rire du corps vide que nous sommes devenu. Le moment où nous sommes capables du pire, tout en le prenant comme un jeu. Le moment où la vie n'as même plus la valeur d'un mouchoir. Le moment où l'on préfère mourir que de devoir se battre.

C'est là, le plus dur, c'est là, le plus dangereux. Eclater de rire quand on avoue à son psy avoir essayé de mettre fin à ses jours. Sourire quand on dit qu'on s'est taillé les veines.

Ce moment où l'on minimise chaque évènement que n'importe qui d'autre traiterait comme "au delà des limites de la souffrance".

Ce moment où l'on s'amuse des blessures que l'on se fait, comme si elles n'était que de simples dessins enfantins faits au feutre.

Ce moment où l'on ment si bien sur notre moral, qu'on finit par y croire, tout en continuant à se détruire, à se tordre de douleur.

 

Là, c'est vraiment horrible. Alors on se détruit, encore et encore.

 

Il faut se battre, il faut vivre. Une dépression que l'on laisse gagner se termine au cimetière. Il faut arriver à trier ces idées, ne sélectionner que les idées les moins noires, et mettre à la poubelle toutes celles qui viennent nous hanter malgré nous. Il ne faut grader que ses propres pensées, et non celles de la dépression, comme si nous n'étions plus seul à penser dans notre esprit. Seul, c'est extrêmement difficile, voire impossible, il faut se faire aider, par des proches, par des spécialistes, desfois, par des médicaments, voire même, une prise en charge en milieu hospitalier. Mais il ne faut jamais laisser gagner cette maladie, jamais. car oui, contrairement à ce que personnes continuent de croire (et pourtant, on est au XXIème siècle...), la dépression est bel et bien une maladie ! Et une maladie mortelle !

 

Paint it Black; The Rolling Stones

Mon hospitalisation à Angela Duval et en HP.

Publié le 14/07/2012 à 14:57 par auto-mutilation Tags : quimper gourmelen hospitalisation psychologique médico duval anjela hopital unité
Mon hospitalisation à Angela Duval et en HP.

"Et d'après vous, quand on est au fond du gouffre, comment on peut nous aider à en sortir ?" _ "C'est simple, deux issues sont envisageables. Il suffit d'une corde dont on nous lance une extrémité, ensuite tout dépend de ce que l'on en fait."


Je viens de m'installer dans ma chambre, de remplir des papiers.

Premier jour, premier repas.

 

Je ne connais personne ici, je découvre. Ça parle ça rit. Qui croirait qu'ils sont dépressifs, suicidaires, rescapés ?

Tout est si normal ici, c'est tellement étrange, surprenant.

À table, on parle de tout, des parcours scolaires, des amis, et puis du suicide, des idées noires. Toute conversation mène à évoquer nos TS (pour ceux qui en ont fait). Sans tabou, aucun. On se dit tout, on en rit. le coup des médocs, on l'a tous fait, et tous raté. C'est pour ça qu'on est là, enfermés ensembles. Certains regrettent de l'avoir fait, d'autres d'avoir échoué.

Mais c'est fou ce qu'ils ont l'air bien... On dirait une petite colo, un petit groupe d'ados qui s'entendent bien, qui se connaissent depuis une éternité.

de toute façon ici, on n'a pas le choix. Si on veut passer le temps, faut faire avec les autres. rapidement, des amitiés se nouent, des contacts se créent.

Et puis le temps passe. sans contact avec l'extérieur, c'est relativement long, on a un entretient par-ci, un entretient par-là...

 

_____

 

Aujourd'hui, je suis dans mon deuxième jour, au plein coeur des fameuses 48 heures d'observation. Pas de téléphone, pas de visites, pas de sorties.

Je n'ai pas l'heure, mes seuls repères sont les repas, les heures de télévision, les rondes des infirmiers de nuit.

la journée, je dors, je glande, je lis, ou j'écris, comme en ce moment.

parfois, quand assez de monde est réunis dans la salle commune, on discute, on joue, on regarde la TV. Bref, on se vautre das lles canapés, les pieds sur les tables basses, et on attend.

Celà fait à peine 24 heures que je suis ici, mais je m'y sens déjà bien. On ne cache rien, mais on fait des efforts, on se bat.

C'est drôle, tout est étudié. Les fenêtres, les coins des meubles, il n'y a que les murs, bien que bruyants, pour se faire du mal. Et encore, ici, la tentation est bien moins présente.

Le personel, lui, est présent. Proche mais distant, sympathique mais pas envahissant, compréhensif sans être intrusif, ils nous sont d'une rande aide. Eux, au moins, sont à l'écoute.

Ici, on fait une pause. Une pause avec la vie, une pause avec la mort. Une pause, c'est tout.

On respire, on reprend son souffle afin d'être plus fort à l'avenir.

Bon, il ne faut pas se leurrer, rien n'est magique, beaucoup reviennent. Certains sont là pour la cinquième ou sixième fois.

J'y retournerai aussi, je l'espère, sinon, ça voudrait dire que ma prochaine tentative réussira.

Je crois qu'un malaise aussi profond ne se soigne pas en un claqiement de doigts, mais ce séjour est une étape vers la guérison. Une étape très importante.

 

_____

 

Je ne sais quelle heure il est à présent, mes mains ont encore l'odeur du sang. Le vide, le silence, l'abscence.

Ayant pour seule arme mes ongles, j'a i effectué un véritable travail de boucher à partir ces cicatrices encore trop fraîches. J'ai l'extrémitié de la main droite entièrement couverte du liquide rouge. Je les regarde, les admire. J'hésite à les laver, tellement la vision du sang m'avait manqué.

 

Oui, ce n'était qu'une journée, une seule, mais une très longue journée.

Le calme du week-end ici est à devenir dingue, si l'on ne l'est pas encore assez. Venu me chercher pour le dinner, l'infirmier av vu mes mains, j'ai encore eu le droit à la leçon de moral. "Il faut nous appeller si vous êtes tentée..."

 

Bref, le repas s'est passé dans le silence le plus absolu. Je suis directement allée vomir la demi-tranche de jambon et les quelques coquillettes que je me suis force à avaler, non sans regret.

 

Ce n'est que mon deuxième jour ici, et j'ai déjà abandonné tout effort sur moi-même, je ne sais pas si c'est encore la peine que je reste.

Je ne suis pas la seule à ne pas tenir. Pas plus tard que cet après-midi, une jeune fille est venue me demander si j'avais un rasoir. "Pour t'épiler ?" ai-je demandé naïvement. "Non, pour..." M'a-t-elle répondu, mimant un geste de scarification.

Comme quoi, on est tous dans la même galère.

 

_____

 

Mais qu'est-ce qui nous arrive...

chacun a son histoire, sa vie, ses problèmes, nous sommes tous des cas différents, mais tous dans la même merde. Alors on se comprend, on s'entraide.

 

_____

 

Voilà, je débute mon troisième jour. À force d'avoir le ventre vide, je m'évanouis. Une infirmière me relève et m'ammène dans la salle à manger, où je prend un gros petit-déjeuner, me promettant de repredre mon alimentation en main.

On a dû me réveiller environ quatre ou cinq fois sous les effets des médicaments auxquels je n'étais pas encore habituée.

 

_____

 

Voilà maintenant un peu plus d'une semaine que je suis ici. Huit jours exactement.

À l'heure où j'écris, j'attend. - Comme l'a dit Florent : "Ici, 'faut être patient."C'est tout à fait ça. On est patient dans tous les sens du terme, ou du moins, on essaye. -

J'attend le sommeil, toujours aussi tardif. J'ai avalé mon cachet pour dormir.

Je sais que je resterai là, assise sur mon lit à patienter encore de longues minutes, voire quelques heures.

Je sais que le traitement me donnera mes habituelles hallucinations du soir. J'attend. J'attend de voir ce que ce sera aujourd'hui. Après les poissons rouges et bleus sortant des volets, les méduses, les super-héros mignatures, l'invation d'arraignées migrantes au plafond, les plis des draps qui se déplacent, ou encore les carreaux du dessus de lit s'échangeant les places, se glissant les uns entre les autres. Je suis currieuse de savoir à quel spectacle nocture et fantaisiste je vais encore assister.

 

Sur le post radio, les musiques s'enchaînent, mais la présence trop marquée du "tic - tac"de la montre posée surma table de chevet me rappelle la lenteur avec laquelle le temps passe quand on attend.

 

_____

 

La journée suivante passa. Un jour de plus, un jour de moins. Une journée comme les autres, si l'onconsidère l'angoisse vécue pendant le "groupe relaxation".

Allongée  sur le matelas, les yeux fermés, écoutant le bruit de la musique de celles que l'on entendrait dans yun film traitant de la seconde guerre mondiale, lors de la scène de contemplation des corps sans vie portés par les vagues ensanglantées à l'occasion du débarquement de Normandie.

 

Guidées par les phrases lentement dictées par la psychologue, mes pensées s'emballent. L'interprétation de ses mots ne m'appartenait plus, elle s'imposait à moi d'une violence extrême, comme un couteau que l'on ne cesserait de vous enfoncer dans la chair. "Vous de venez lourd, vous vous enfoncez dans votre matelas." J'ai alors senti mon corps s'alléger, jusqu'à n'avoir plus l'impression que de partir en fumée. J'assistais à ma propre incinération.

"Vous sentez votre colonne vertébrale se relâcher." J'ai vu la peau s'ouvrir le long de mon dos, laissant s'échapper cette fameuse colonne ainsi que tout ce qui pouvait y être attaché dans une marre de sang gisant sur le matelas.

La voix de la psychologue a ensuite laissé place à un bruit de vague accompagné de la mélodie dont je vous ai déjà raconté la dimention tragique que mon esprit lui accordait.

Accrochée à mon maelas, pour sentir les quelques parties de mon corps que je parvenais encore à percevoir, les visions sanguinaires s'enchainaient. J'oubliais tout ce qui m'entourait, tout. la seule chose "réelle" que ne je pouvia sm'empêcher de ressentir étant la présence humaine tout autour de moi, silencieuse, comme morte. ce sentiment de présence dérengeante s'est fait de plus en plus opressant. J'ai vu mon corps, qui n'était plus qu'un tas de cendres défraîchies, se faire encercler d'immenses vagues pourpres, le même genre que celles que l'on voit s'effondrer à plusieurs reprises au fond du couloir de l'hôtel dans Shining.

Bref, une matinée comme une autre. Le repas n'est évidemment pas passé, c'était à prévoir.

 

 

L'après-midi a été calme. Quelques fou-rires entre "amis", la tension de la matinée retombant peu à peu sans ne jamais réellement s'effacer.

Et si je vous disais que l'angoisse du matin n'était strictement rien à côté de ce qui m'attendait ?

Quand je vous disais que la tension était toujours présente, elle m'est tombée dessus telle une averse orageuse vous surprend en plein été.

Mon corps fût empli d'une violence sans pareil. Seule dans ma salle de bain, ne contrôlant plus le moindre de mes gestes, la moindre de mes pensées, j'ai pris ce que j'ai trouvé de plus pointu, et j'ai frotté mon bras de toutes mes forces en vas et viens, d'une vitesse que je n'aurais jamais pensée possible.

me laissant entraîner par cette rage, j'ai enchaîné les gestes plus violents les uns que les autres, sans pour autant parvenir à satisfaire cette bête sauvage qui m'animait.

Fatiguée, j'ai enfin réussi à prendre la décision d'aller me coucher sous les "ordres" insistants des deux infirmiers présents.

Mon corps s'est posé dans mon lit, se tordant dans tous les sens sous l'influence de mes muscles contractés au maximum. Mes mains crispées, chacun des mes ongles s'enfonçait dans mon cuir chevelu, puis dans mes jambes, comme pour étouffer une envie, un besoin, une pulsion de meurtre, d'explosion.

Épuisée, je finis par m'endormir sous le regard enfin satisfait du personnel.

 

Le lendemain, tout au long de la journée, les idées suicidaires s'ecnhaînaient. Un garçon duquel je m'étais bien trop rapprochée m'a serrée dans ses bras jusqu'à l'arrivée d'une infirmière, pour m'empêcher de passer à l'acte.

J'ai donc eu le droit à un entretient. Mon intention étant bien définie et très présente, j'ai tenu tête jusqu'à ce qu'au bout d'une bonne heure, elle se recule dans son fauteuil, et, en secouant la tête, me dise "vous êtes exceptionelle". J'ai ris. "Bon, on arrête là, on se dit à demain ?" _ "Oui, j'arrête là. Pour demain, on verra bien..." Ai-je répondu, le regard rieur et provocateur.

Je suis sortie de la salle plus convaincue que jamais. de longues trainées noires sur les joues, le sourire au coin des lèvres, je croise par hasard une amie dont j'ai fait la connaissance au sein du service. "J'arrête. Tout." Lui ai-je dit d'un tout à la fois ravi et convaincu, accompagné d'un geste de mains. Je crois qu'elle n'a pas réussi à se permettre de me laisser faire ça.

Elle m'a prise par le bras, , et nous sommes allées discuter dans la chambre d'une autre patiente, qui, elle aussi, voulait me raisonner.

Les larmes aux yeux, je les ai serrées tour à tour dans mes bras, leur promettant que je continuerai cette bataille contre la mort dans laquelle nous étions toutes impliquées.

 

_____

 

les journées s'enchaînèrent, mon humeur variant d'un extrême à l'autre, en fonction du moment de la journée, des coups de téléphone, des dernières nouvelles, ou tout simplement comme ça, sans raison apparente. Je ne sais plus très bien, où j'en suis, je sais que c'est le cas pour beaucoup ici. À vrai dire, je suis totalement paumée. je ne sais pas si je peux m'en sortir, si l'on peut me sauver, ou bien si c'est la fin. J'attend, j'attend de voir s'il y a du changement, une évolution. Comme je l'ai déjà dit, ici, je suis en pause.

On m'avait parlé, comme à tous les autres patients, parlé d'une hospitalisation d'une simple dizaine de jours. Demain, j'entamerai ma troisième semaine, et je sais pertinemment que ce n'est que le début. Avec un peu de chance, je pourrai sortir avant le 27 juillet, date de fermeture provisoire du service. Sinon, je serai transferée ailleurs.

 

- En parlant de transfert... -

 

À l'instant où j'écrivais les quelques dernières lignes, j'étais à des kilomètres d'imaginer ce qu'il allait se passer, un peu plus tard dans la journée.

Ayant noué quelques liens auxquels je donnais une certaine importance avec le doyen du service, j'échangeais quelques mots avec lui de part et d'autre du babyfoot (symbole de notre relation "Obiwan/Jeune Padawan") pendant laquelle il m'avoue s'être massivement alcoolisé pendant sa permission en début d'après-midi.

Je ne sais par quel moyen, l'équipe infirmière en fût informée, et le remirent sous observation. Ne supportant plus le "maternage" de l'équipe envers lui, et sous l'effet d'impulsivité que lui avait procuré l'alcool, il décida de partir du service, et, après avoir rassemblé l'intégralité de ses affaires, en informa l'équipe infirmière. Il dût attendre l'avis du medecin psychiatre qui le suivait avant de quitter définitivement l'établissement. Animé d'une impatience exagérée, il perdit tout contrôle sous les yeux du personnel, alors que nous (les autres patients) étions disséminés par petits groupes dans les chambres environnantes. Nous avons donc asssisté (indirectement) à une violente dispute entre notre camarade et l'équipe, suscitant la stupéfaction de la plus part d'entre nous.

Bref, notre grand frère à tous, celui qui semait la bonne humeur à chaque instant de la journée, celui pour qui on commandait des salades vertes le soir, celui qui nous faisait des "points rencontre" pour nous faire rire quand les infirmiers avaient du retard, pétait un plomb.

Puis, plus de nouvelles, plus un bruit, tout s'est calmé d'un coup. Les infirmiers nous ont dit qu'il était enfermé dans sa chambre. La blague.

Je ne me souviens à quel moment de la journée, j'avais récupéré le briquet, qu'il avait égaré sur un canapé dans la salle commune pour le lui rendre. Je n'en n'ai pas eu l'occasion, Le jeune hommme avait disparu.

Dans la demi-heure qui suivit, nous descendîmes sous le porche au pied du batiment, comme à chaque fois qu'il pleut à l'heure de la "pause clope".

Une ambulance était arrêtée sur le trottoir à quelques mètres du groupe. Les allers-retours des soignants du service entre le batiment et le véhicule nous ont rapidement fait comprendre que celui avec qui nous avions vécu au quotidien pendant envirion deux semaines y était enfermé, sans doute endormi, afin d'être emmené aux urgences, puis ailleurs, on ne savait pas où.

 

Cette dernière semaine comptait huit départs. Plus de la moitié du groupe, c'est énorme. Celui-ci fût le plus difficile accepter, car le premier départ à n'êter pas décidé suite à une apparente amélioration de l'état psychique du jeune. Bien au contraire. J'espère sincèrement qu'il s'en sortira le plus vite possible, sans trop d'obstacle. Il me manque, celà fait à peinde une demi-journée. Comme quoi, vivre 24h/7 avec quelqu'un, ça créé des liens étonnamment forts.

D'autant plus lorsque nous sommes unis par une même douleur que nous cachions tous au "monde extérieur".

Personne n'est à l'abris d'une telle crise ici. Le patient avec lequel je flirtais a tenté de se pendre la veille... Ça peu paraître fou, mais ce genre de geste ne surprend personne dans un tel service, c'est presque normal...

 

_____

 

Vendredi 13, nous avons eu des nouvelles de notre camarade. Il a été transferé dans un service adapté, dans l'hôpital que nous redoutons tous, pour sa réputation de rendre fous les patients qui ne l'étaient pas encore assez.

 

Mais ce n'est pas tout. Au cours de la journée, j'ai senti la tension monter, jusqu'à me transformée en véritable pile électrique. Je marchais, sans m'arrêter, vite. très vite. Au cours d'un de mes nombreux allers-retours dans le couloir de l'hôpital, je crois mon petit protégé, celui avec qui je flirtais, celui qui m'avait fait craquer. Sa mine était défaite, son visage décomposé. Nous venions de décider ensemble de mettre fin à cette relation trop dangereuse compte tenu de notre fragilité mutuelle, avant que les dégât causés ne soient trop importants. Son regard noir contenanit une triste, violente et sombre rage.

J'ai tout de suite compris. je l'ai serré une dernière fois dans mes bras, lui ai fait un bisou dans le cou, et l'ai laissé rejoindre les ambulanciers qui l'attendaient. Lui aussi allait être transferé. j'ai vraiment peur pour lui, je me sens si coupable, j'espère qui me détestera, et qu'à partir de cette haine envers moi, il réussira à se reconstruire.

 

Les mains moites, la sensation que mon corps allait s'enflammer d'une minute à l'autre, la vision du décor qui se met à gonfler puis dégonfler, comme s'il respirait, comme s'il devenait vivant, les murs, le plafond, le sol, les canapés, tout devenait vivant. je continue donc mes aller-retours dans le couloir en accélérant le pas, m'arranchant les cheveux pour éviter à mes mains de frapper dans les murs. Personne ne pouvait intervenir.

À force d'insister, une infirmière a réussi à me faire accepter d'avaler un cachet qui a fini par m'assomer. J'ai quand même eu le temps de mettre le bazard dans la salle commune en laçant de toute mes forces tout ce qui me tombait sous la main... Une fois calmée physiquement, l'angoisse a augmenté. Toute la tension que je n'avais plus la force d'évacuer par les gestes s'accumulait dans mon crâne. je me suis alors recroquevillée autour de mes genoux, face contre le matelas du canapé, m'accrochant à un coussin que je maintenais appuyé sur ma tête, l'environemment devenant trop angoissant. Je me sentais si persécutée.... Une vraie autruche.

 

Je ne me suis jamais réellement calmée, mais la fatigue a fini par prendre le deussus, je me suis endormie, rapidement. Sans somnifère, pour la première fois depuis une quinziane de jours.

 

_____

 

Bon, marre de décrire chaque journée, c'est trop long, et ça se répète, mais un évènement nous a tous donné le sourire l'autre jour. Alors que nous sortions sous le porche lors de la puse clope, quelqu'un nous y attendait. Le grand frère du service, qui avait quitté l'établissement loprs d'une crise était là, souriant, plein de projets, bref, c'était super de le voir là.

_____

 

Les jours ont passés, plus ou moins semblables, jusqueà la fermeture du service, où j'ai été transferée en psychiatrie adulte à l'EPSM Etienne Gourmelen.

 

_____


J'arrive dans le service, fermé de partout. Je dépose mes affaires en chambre - ma chambre est juste à côté de la chambre d'isolement - et sors fumer une clope, en essayant de discuter avec des patients qui ont l'air plutôt normaux.

Un homme arrive, et tombe raide. Crise d'épilepsie. Ça met tout de suite dans l'ambiance...

Des cris, des coups violents dans les portes, des phrases incompréhensibles, d'autres répétées au ralenti, des menaces injustifiées, voilà le quotidien à l'hôpital psychiatrique. Heureusement que j'ai pu nouer quelques liens avec des patiens "normaux".

Il y a une femme qui parle aux oiseaux en leur jettant des peaux d'oranges, avant d'aller se cacher derrière les bancs. Un autre patient qui nous pousse à l'extérieur, lorsque que nous sommes déjà à l'extérieur. C'est vraiment étrange comme ambiance, exactement comme dans les films. Il y a aussi ces gens, enfermés dans leur chambre, voir attachés au lit qui geulent comme de douleur, et qui, quand ils le peuvent, frappent la porte à longueur de journée.

Un jour, dans le couloir de l'hôpital, je croise une patiente. À ma vue, ellle se lève, et d'une voix rauque laissant devier l'encombrement monumental de ses bronches me demande : "Vous pouvez m'aider s'il vous plait ?" Je n'ai pas répondu, j'ai préféré attendre. D'un geste parfaitement naturel, elle baisse son pantalon et sa culotte en marmonant "J'arrive pas à la mettre." Je lui répond interloquée d'aller faire ça ailleurs que dans le couloir, dans sa chambre par exemple.

Elle plonge sa main derrière son dos, atteint l'arrière de sa culotte, en extirpe une serviette hygiénique, et esquissant un sourire de satisfaction me dit "Ça y est, merci...".

Je crois que le pire dans cette histoire, c'est que dans le contexte, cette scène m'a parru presque normale...

 


-->Pilule; Damien Saez


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